Lula reste en prison, malgré une décision judiciaire démocratique

Par Marcia Camargos, membre du Collectif Alerte France Brésil
Il a ensuite été incarcéré en avril, la Cour suprême ayant décidé par un vote très serré (six contre cinq) que la peine devait être appliquée dès la condamnation en deuxième instance, même si d’autres recours restaient en suspens.
Marco Aurelio Mello était un des juges qui avaient voté contre l’emprisonnement de Lula, tout comme Dias Toffoli, qui à l’époque n’était pas président de la plus haute juridiction du Brésil.
En 2016, les 11 juges de la Cour suprême avaient rendu un jugement qui fait depuis jurisprudence: la peine doit être purgée dès le rejet d’un premier appel.
Le président, qui a sorti des millions de brésiliens de la pauvreté extreme, et qui a toujours eu une cote de popularité record, a été emprisonné à tout vitesse à fin de l’empêcher de briguer un troisième mandat à la présidentielle d’octobre dernier, dont il était le favori.
Un scrutin qui a finalement été remporté par Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions le 1er janvier. Il a battu au second tour Fernando Haddad, désigné par le PT pour remplacer Lula, après que ce dernier eut été déclaré inéligible.
Une fois élu, comme prévu, le futur président a loyalement récompensé Sergio Moro, en le nommant Ministre de la Justice. C’était le prix accordé au juge “anti-corruption”, dont le principal fait d’armes est justement d’avoir condamné l’ex-président en première instance, à fin d’ouvrir le chemin pour son compagnon vers Brasilia.
M. Bolsonaro, qui tenait mercredi la première réunion de son futur gouvernement, s’est réjoui de la décision de suspension prise par le président de la Cour suprême dans une affaire qui , selon lui, “pourrait compromettre la tranquillité de la société brésilienne” – voir, son propre élection obtenue grâce à de fake news et une serie de manœuvres inconstitutionnelles.

Le compte Twitter du général Paulo Chagas, où il menace le STF
Cet manœuvre juridique arbitraire montre, encore une fois, que le Brésil est dans un régime politique où l’armée prend les décisions. Pour ceux qui ne croient toujours pas que le pays vit déjà sous un régime d’exception, il suffit de voir le compte Twitter du général Paulo Chagas, où il attaque le président Lula, menace le STF et demande même le bannissement de Marco Aurélio.

Le compte Twitter du général Paulo Chagas, où il demande même le bannissement du Ministre Marco Aurélio.

Dans ce contexte, il faut être conscient de que la liberté de Lula ne passera jamais par la “justice”, mais par le mouvement du peuple, des syndicats et des partis de gauche dans les rues.

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